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QU’EST-CE QUE LE CROWDFUNDING?

Le financement participatif ou « crowdfunding » est un système innovant qui consiste à récolter des fonds auprès d’un large public en vue de financer un projet solidaire, créatif ou entrepreneurial, le plus souvent via Internet.

Des dons ou des prêts ?
Il existe trois grandes catégories de plateformes de financement selon que celles-ci sont bassés sur des dons, des prêts ou des investissement en fonds propres.

Le crowdfunding  est un modèle de financement participatif qui permettrait  aux artistes de garder leur  indépendance.

Quel avenir pour le crowdfunding cinéma français ?

Le bilan rapide à dresser des sites de crowdfunding cinéma français est simple : les sites ont de grandes difficultés. Certains ont mis la clé sous la porte sans prévenir (ou si peu) (motion-sponsor par exemple) ou ont une activité proche du zéro.

D’autres ont modifié leur modèle de base, TousCoprod n’est plus porteur de projet et devient une simple plateforme de présentation des projets, comme kisskissbankbank ou ulule, qui eux aussi permettent d’investir sur des projets cinématographiques.

Reste deux acteurs principaux : People For Cinéma et Movies-Angels. Le premier fait figure de dinosaure dans ce domaine puisque crée en 2009 ! Le second est le petit dernier qui va bientôt se frotter à la difficile communication sur les retours sur investissements.

L’ARGENT NERF DE LA GUERRE :

People For Cinéma est créé par Simon Istolainen (qui sortait en 2009 du succès de Mymajorcompany, site participatif qui a aussi du revoir son modèle économique) et par Serge Hayat, professionnel du financement du cinéma.

Serge Hayat est président de SOFICA (dont Cinémage), qui sont des organismes chargés de produire des films en offrant à ceux qui investissement des réductions d’impôts. Il suffit de regarder la plaquette de présentation de Cinémage 7 pour comprendre les liens entre les SOFICA (et le travail de S. HAYAT lors de la production) et People For Cinéma (et le travail de S. Hayat lors de la distribution) (la plaquette :http://www.cinemage.fr/files/plaquette_cinemage7.pdf)

Sur cette plaquette figure, « les émotifs anonymes », « poulet aux prunes », « le bruit des glaçons », « la délicatesse ».

Donc les projets traités au niveau de la production dans le cadre des SOFICA sont ensuite proposés sur le site People For Cinéma pour la distribution. La démarche est logique, le film auquel S. HAYAT croit au moment de la production, il a envie qu’il soit bien distribué.

Cette distribution dans laquelle Serge Hayat avait déjà investi avant People For Cinéma avec les organismes 123Capucines et Capucines Distribution. Dans le rapport d’activité de 2011 de 123Venture (http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&ved=0CFoQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.123venture-info.com%2Ffile%2F124997%2F&ei=-aMzUIXTO5S5hAeP2IDwDA&usg=AFQjCNHD_ACaG7Z7-9nW65f7Q9HAML7Eng&sig2=plnLfxwq6C4kzgwRFWy3gQ) , il est expressément cité que Capucines Distribution travaille en partenariat avec Mars.

People For Cinéma n’est donc qu’un élément mineur (en termes de montants engagés) dans le système de Serge HAYAT.

Serge HAYAT explique volontiers ces liens dans le financement et a aussi une appréciation des mutations du milieu du financement cinématographique très précise. Dans une interview de 2009 (http://www.lestempsdansent.com/les-mutations-du-cinema-entretien-avec-serge-hayat-de-peopleforcinema/)  il présente positivement People For Cinéma en parlant d’un bon bilan pour « Le siffleur » (l’histoire lui donne tort) et en appuyant sur le côté ludique du site. Et là il avait totalement raison, People For Cinéma bénéficiait  des services d’un Community Manager très actif et avait permis à certains internautes de participer à la soirée chiffres du mercredi soir. L’aspect participatif du site a presque totalement disparu, il reste quelques cadeaux mais pas de belles soirées ou d’événements spéciaux (par exemple, le petit-déjeuner organisé par Gaumont à l’UGC des Halles pour les premiers spectateurs du mercredi matin du film « Les Kaïra »)

Dans le crowdfunding, Les Inrocks ne voyaient qu’une manière d’augmenter à moindre frais les relayeurs d’un film : http://www.lesinrocks.com/2010/12/18/cinema/le-marketing-participatif-au-cinema-une-propagande-a-moindre-frais-1122184/. Cette opinion est fausse à mes yeux, la passivité des internautes qui misent sur le film est plutôt la règle. Je n’ai jamais ressenti un élément fort porté par un grand nombre d’internautes. Quelques-uns se démènent pour faire avancer la popularité de leur film, mais ils sont vraiment trop peu.

Du coté de « Movies-Angels », le schéma est identique : un professionnel du cinéma (Antoine Schneider apparait dans les contacts de « Manon 2 » SOFICA adossée à Mars Distributionhttp://www.iconoval.fr/publicmedia/original/246/42/fr/Guide_SOFICA_2011.pdf) qui s’associe à un spécialiste du web (Francois Dancoisne). Il est à noter que la société LUCY FINANCE est aussi partenaire du site (http://www.movies-angels.com/pages/a-propos)

Ici aussi, la participation des internautes n’est pas un élément essentiel. Les « cadeaux » offert par Movies-Angels le sont lors de la souscription de parts et il y a très peu de réaction des internautes sur leur site.

Dans les 2 cas, l’appel aux internautes à travers le crowdfunding n’est qu’une diversification des activités des créateurs de ces sites. A travers les SOFICA ils sont habitués à collecter de l’argent pour aliment le financement de films.

La différence est pour les internautes qui participent au crowdfunding sur ces sites est l’absence d’avantages fiscaux. Les SOFICA sont en effet des structures qui permettent d’obtenir un crédit d’impôt en échange de l’investissement réalisé.

LES MODES DE FINANCEMENTS CHANGENT

Le gouvernement a consolidé les avantages fiscaux liés aux SOFICA après avoir menacé ce crédit d’impôt (http://www.sicavonline.fr/index.cfm?action=m_actu&ida=491399-reduction-d-impot-les-sofica-maintenues-jusqu-en-2014-pour-soutenir-le-cinema)

La deuxième source de revenus du cinéma reste la télévision. Là aussi les menaces sont grandes, l’argent investi dans la production baise et risque de continuer à baisser. Il suffit de regarder les meilleures audiences télé sur une année, le cinéma n’occupe pas une place privilégiée (http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18609798.html) : 21ème ^place pour « De l’autre côté du lit », premier film dans la liste.

Pour compléter mon propos, lisez cet article très intéressant, datant de 2011, résume les problèmes de financements du cinéma français : http://www.inaglobal.fr/idees/article/les-nouveaux-moyens-de-financement-du-cinema-francais

LE CROWDFUNDING CINEMA  VA CHANGER

Les habitués de People For Cinéma ont déjà constaté le changement : les projets proposés offrent des points morts très élevés, et les résultats des films ne sont pas encourageants. People For Cinéma a connu deux beaux succès en 2012  sur 14 films déjà sortis en salle. Son partenariat avec Gaumont (« Les Kaïra ») n’a pas connu l’engouement attendu.

Movies-Angels n’a pas pu obtenir non plus une grande adhésion sur son premier projet « Cornouaille » malgré une belle affiche (Vanessa Paradis + Anne Le Ny).

Les internautes ont le choix maintenant :

1 – soutenir un projet (cinématographique ou autre) sur une plateforme classique de crowdfunding (ulule ou kisskissbankbank par exemple) et ces dernières ont d’excellents résultats. Les internautes qui choisissent ces plateformes savent qu’ils auront des avantages en échange de leur participation et sont certains de les obtenir.

2 – chercher un « investissement », et parier sur le succès d’un film comme l’on parie sur le succès d’une équipe de foot. Ce système arrive à bout de souffle. Les projets actuellement disponibles chez People For Cinéma ou Movies-Angels ne sont pas séduisants au premier abord. En étudiant un peu, on peut prendre certains risques peut-être, mais aucun des projets proposés ne paraissent aussi motivant que « Polisse » par exemple.

En 2012, People For Cinéma a réussi a réunir plus de 500 internautes sur certains projets. C’est une masse suffisante pour assurer un buzz et dynamiser la visibilité d’un film. Mais les internautes qui misent ne fabriquent pas ce buzz visiblement et attendent…

Les distributeurs n’ont pas un réel besoin (actuellement) de l’argent apporté par les internautes. De plus, la somme collectée est aléatoire, donc pour le distributeur cet apport est un apport ponctuel de trésorerie.  La plus-value espérée par S. Hayat des internautes relais de la promotion des films n’est pas là. Les internautes ne sont pas certains de gagner de l’argent et surtout risque d’en perdre sans avoir de contrepartie certaine (sauf à investir beaucoup comme sur People For Cinéma pour obtenir un dvd). Les sites internet de crowdfunding ont besoin de projets porteur pour pouvoir faire du bénéfice.

Donc plus personne n’a d’intérêt dans l’économie actuelle des sites de crowdfunding.

QUELLE AVENIR ?

De la même manière que certaines SOFICA s’appuient sur des producteurs ou des distributeurs, le crowdfunding cinéma  va devoir s’appuyer sur des partenaires qui offriront leur carnet d’adresses (mail) pour la collecte de fonds. Ainsi des sites de ventes par internet peuvent entrer dans le jeu du financement des films. Que cela soit La Redoute, Les 3 Suisses ou Ventes-Privées (à noter que ce dernier distribue déjà des disques avec un beau succès a priori), ces sites peuvent trouver un intérêt à se diversifier et les distributeurs et producteurs un intérêt à avoir un site de grande audience s’adressant à des consommateurs pour « vendre » un film. Cette hypothèse devient une réalité dans le domaine du spectacle vivant, avec l’association entre Mymajorcompany et vente-privées.com pour le spectacle « l’age de glace live ».

Le retour sur investissement ne serait pas un intérêt pour l’internaute qui pourrait préférer des avantages rapides (dvd, places de ciné, ou même réduction chez des partenaires).

On glisserait alors vers une autre forme de crowdfunding, qui ne serait qu’une activité comme une autre d’un site de commerce en ligne.

Reste alors à connaitre le devenir des sites offrant un retour sur investissement ? Ils se doivent d’évoluer pour attirer de nouveaux internautes et pour fidéliser les anciens. Le panachage entre retour sur investissement et services est une solution intéressante mais il faut comprendre pourquoi TousCoprod n’a pas réussi à la faire vivre.

Sources :
www.crowdfundingcinema.wordpress.com
www.entrepreneursdumonde.org
 Wikipedia
fr.ulule.com
www.peopleforcinema.com
www.movies-angels.com
www.touscoprod.com
www.kisskissbankbank.com

 

 

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